10 histoires étonnantes qui ont marqué WordPress

WordPress et les musiciens de jazz qui ont donné leur nom à ses versions

Depuis sa création en 2003, WordPress a énormément évolué. D’une simple plateforme de blogging, il est devenu le CMS le plus utilisé au monde.

Voici 10 histoires qui ont marqué son parcours depuis ses débuts.

1. WordPress est né d’un autre logiciel

Avant WordPress, il y avait b2/cafelog, un logiciel de blogging open source créé par le développeur français Michel Valdrighi.

Lorsque son développement s’arrête, Matt Mullenweg, qui utilise le logiciel, envisage d’en reprendre le code pour créer une nouvelle plateforme de publication.

Le 24 janvier 2003, il présente cette idée sur son blog. Dans les commentaires, le développeur britannique Mike Little lui propose de collaborer sur ce nouveau projet.

C’est ainsi que commence WordPress.

La licence GPL de b2/cafelog permettait de reprendre, modifier et redistribuer son code. Sans elle, WordPress tel que nous le connaissons n’aurait peut-être jamais existé.

2. Qui a vraiment trouvé le nom WordPress?

Le nom WordPress n’a été inventé ni par Matt Mullenweg ni par Mike Little.

Il a été proposé par Christine Selleck Tremoulet, une amie de Matt Mullenweg, alors que le projet cherchait encore un nom.

Plus de vingt ans plus tard, WordPress porte toujours le nom qu’elle avait imaginé.

3. Pourquoi la toute première version de WordPress était déjà la 0.7 ?

La première version publique de WordPress est publiée le 27 mai 2003.

Son numéro : 0.7.

Pourquoi ne pas commencer par 0.1 ?

WordPress étant directement issu de b2/cafelog, il reprend une partie de son code et s’inscrit dans la continuité de son développement.

À cette époque, WordPress est essentiellement une plateforme de blogging. Cette première version propose notamment une nouvelle interface d’administration, un gestionnaire de liens et des améliorations du système de templates.

On est encore loin du CMS que nous connaissons aujourd’hui.

4. Le système de plugins est arrivé un an après WordPress

Le système de plugins apparaît en 2004 avec WordPress 1.2 Mingus, environ un an après la première version publique.

Il permet d’étendre les fonctionnalités de WordPress sans modifier les fichiers du cœur du CMS.

Les extensions peuvent ainsi s’intégrer à WordPress grâce à son système de hooks, notamment les actions et les filtres.

Cette architecture devient l’un des piliers de WordPress et permet le développement de son vaste écosystème de plugins.

5. Pourquoi les versions de WordPress portent-elles des noms de musiciens de jazz ?

Davis, Mingus, Strayhorn, Ella, Coltrane, Thelonious, Parker, Jaco…

Ces noms ne sont pas choisis au hasard.

Depuis WordPress 1.0, les versions majeures sont baptisées en hommage à des musiciens et musiciennes de jazz.

WordPress 1.0 Davis rend hommage à Miles Davis, WordPress 2.1 Ella à Ella Fitzgerald, WordPress 2.7 Coltrane à John Coltrane et WordPress 3.0 Thelonious à Thelonious Monk.

Une tradition qui se poursuit encore aujourd’hui.

6. Hello Dolly : pourquoi ce plugin presque inutile est-il toujours là ?

Les utilisateurs de WordPress ont probablement déjà croisé Hello Dolly dans la liste des extensions installées.

Une fois activé, le plugin affiche aléatoirement dans l’administration des paroles de la chanson Hello, Dolly!, notamment popularisée par Louis Armstrong.

Et c’est pratiquement sa seule fonctionnalité.

Créé par Matt Mullenweg, Hello Dolly accompagne WordPress depuis 2004. Son code constitue également un exemple simple de la structure d’un plugin WordPress.

Sa description officielle affirme qu’il symbolise « l’espoir et l’enthousiasme de toute une génération ».

Une description ambitieuse pour quelques paroles affichées dans l’administration.

7. Le jour où WordPress.org a distribué une version piratée de WordPress

En mars 2007, l’équipe WordPress découvre que la version 2.1.1 proposée au téléchargement sur WordPress.org a été compromise.

Un attaquant avait obtenu un accès à l’un des serveurs et modifié deux fichiers du package officiel afin d’y introduire du code permettant l’exécution de PHP à distance.

Des utilisateurs ayant téléchargé WordPress depuis le site officiel pouvaient donc avoir installé une version compromise sans le savoir.

WordPress 2.1.2 est rapidement publié et les utilisateurs de la version 2.1.1 sont invités à effectuer immédiatement la mise à jour.

Fait particulièrement inhabituel : le code compromis provenait du package distribué directement par WordPress.org.

8. Avant le bouton "Mettre à jour", comment faisait-on ?

Aujourd’hui, une mise à jour de WordPress peut être lancée directement depuis l’administration.

Auparavant, il fallait télécharger la nouvelle version, transférer les fichiers sur le serveur, remplacer les fichiers nécessaires puis, le cas échéant, mettre à jour la base de données.

Cela change en décembre 2008 avec WordPress 2.7 Coltrane, qui introduit la mise à jour du cœur depuis l’administration.

Cette version permet également d’installer des plugins directement depuis le tableau de bord.

Deux évolutions qui ont considérablement simplifié la maintenance des sites WordPress.

9. Gutenberg n’était que le début

En décembre 2018, WordPress 5.0 Bebo introduit Gutenberg et remplace l’éditeur classique par un éditeur basé sur des blocs.

Titres, paragraphes, images, boutons et autres contenus deviennent des blocs indépendants que l’on peut organiser et configurer dans l’éditeur.

Mais Gutenberg n’est que la première étape d’une évolution plus large.

Avec WordPress 5.8, en 2021, les blocs s’étendent notamment aux zones de widgets.

Puis WordPress 5.9 « Joséphine », publié en janvier 2022, introduit le Full Site Editing (FSE) et le premier thème par défaut entièrement basé sur les blocs, Twenty Twenty-Two.

Avec un thème compatible, l’éditeur permet désormais d’intervenir sur la structure du site : en-tête, pied de page, modèles et autres éléments auparavant principalement gérés par le thème.

Gutenberg marque ainsi le début d’une transformation profonde de la manière de construire et d’administrer un site WordPress.

10. Le conflit qui a secoué l’écosystème WordPress en 2024

En 2024, un conflit éclate entre Matt Mullenweg et WP Engine, l’un des principaux hébergeurs spécialisés dans WordPress.

Le désaccord concerne notamment l’utilisation de la marque WordPress et la contribution de WP Engine au projet open source.

En septembre, WordPress.org bloque l’accès de WP Engine à certaines de ses ressources.

Cette décision affecte directement les clients de WP Engine, notamment pour l’installation et la mise à jour des plugins et thèmes distribués via WordPress.org.

Un accès temporaire est ensuite rétabli afin de permettre à WP Engine de mettre en place une solution. Le conflit se poursuit sur le terrain juridique.

Cet épisode est l’un des plus marquants de l’histoire récente de l’écosystème WordPress.

Plus de vingt ans d’histoire

Depuis 2003, WordPress a connu des évolutions techniques majeures, des incidents de sécurité et des désaccords au sein de son écosystème.

Certaines décisions prises à ses débuts restent pourtant au cœur de son fonctionnement : sa licence open source, son architecture extensible et son système de plugins.

Le WordPress actuel n’a plus grand-chose à voir avec la plateforme de blogging lancée en 2003.

Et son histoire continue de s’écrire.